vendredi, octobre 30

La grille HCR remise à niveau après deux hausses du Smic

L’avenant n° 36, conclu le 4 juin 2026 et étendu par arrêté, s’impose à tous les employeurs de la branche, qu’ils aient participé ou non à la négociation.

Gérard Mathelin Par Gérard Mathelin
Un serveur portant un plateau garni dans la salle d’un restaurant.
Un serveur portant un plateau de service dans la salle d’un restaurant.

En bref

  • Nouvelle grille des minima conventionnels de la branche HCR applicable dès le 1er novembre 2026.
  • Deux hausses du Smic en 2026 avaient placé plusieurs échelons de l’ancienne grille sous le plancher légal.
  • L’avenant n° 36 a été étendu par arrêté du 12 octobre 2026, publié au Journal officiel du 15 octobre.

Oui, la grille des salaires de la branche des hôtels, cafés, restaurants change : à partir du 1er novembre 2026, tous les minima conventionnels y sont supérieurs ou égaux au Smic. Selon les Éditions Tissot, cette révision était devenue indispensable, car la grille en vigueur contenait des montants inférieurs au Smic après ses deux dernières revalorisations de 2026.

Une grille dépassée par deux hausses du Smic

La branche appliquait l’accord n° 33, signé le 19 juin 2024 et entré en vigueur le 1er décembre 2024, soit plus de deux ans avant la révision. Ce texte ne pouvait pas anticiper les relèvements du salaire minimum légal survenus en 2026.

12 €minimum horaire du premier échelon du niveau I, selon l’accord de 2024
12,02 €Smic horaire au 1er janvier 2026, après une hausse de 1,18 %
12,31 €Smic horaire brut au 1er juin 2026, soit 1 867,02 € bruts par mois

Dès le 1er janvier 2026, le premier échelon du niveau I, fixé à 12 euros de l’heure, se trouvait sous le Smic de 12,02 euros. Il ne respectait donc plus le montant légal.

La hausse du 1er juin a aggravé la situation : les trois échelons du niveau I, ainsi que le premier échelon du niveau II, sont tous passés sous le Smic. La source rattache cette nouvelle hausse à la forte inflation, sans donner d’autre précision chiffrée.

Gros plan sur une main utilisant une calculatrice posée sur un bureau de travail.
L’ajustement des barèmes salariaux implique des calculs de rémunération pour les employeurs. Photo : Marina Agrelo / Pexels

L’avenant n° 36, de la signature à l’extension

Les partenaires sociaux ont négocié une nouvelle grille et conclu un avenant le 4 juin 2026. Son entrée en vigueur restait suspendue à la publication d’un arrêté d’extension, l’acte qui rend un accord de branche applicable à l’ensemble des employeurs du secteur.

Date Étape
4 juin 2026 Conclusion de l’avenant, dont l’application est suspendue à son extension
12 octobre 2026 Arrêté étendant l’avenant n° 36 relatif aux salaires
15 octobre 2026 Publication au Journal officiel
1er novembre 2026 Application de la nouvelle grille

Dès le 1er novembre 2026, la nouvelle grille s’impose à tous les employeurs relevant de la convention collective HCR, y compris ceux qui n’ont pas pris part à la négociation de l’avenant.

Pour les salariés placés sur les échelons les plus bas, les minima ne passent plus sous le plancher légal. L’ensemble des minima conventionnels de la branche est désormais supérieur ou égal au Smic, ce qui met un terme à la situation irrégulière apparue en janvier.

Un employeur de la branche doit donc contrôler que chaque salarié est classé selon la grille issue de l’avenant n° 36. Ce texte, étendu par l’arrêté du 12 octobre 2026, sert de référence pour retrouver les montants applicables à chaque niveau et échelon. Cette vérification concerne les entreprises soumises à cette convention, et non celles d’autres branches, qui suivent leurs propres accords.

Les Éditions Tissot indiquent par ailleurs que le texte de l’avenant n° 36, étendu par arrêté du 12 octobre 2026 et applicable au 1er novembre 2026, est disponible en ligne auprès d’elles. Elles proposent aussi un abonnement gratuit à des alertes consacrées aux conventions collectives.

Photo : Andrea Piacquadio / Pexels

Gérard Mathelin

Gérard Mathelin

Gérard Mathelin a passé trente ans dans le service juridique d'une chambre de commerce, à expliquer les contrats et les litiges commerciaux à des artisans et des chefs de petites entreprises. Il écrit sur le droit des affaires, le droit pénal et le droit européen, en s'efforçant de ne jamais employer un mot latin sans le traduire. Il marche tous les dimanches sur le sentier des douaniers, par tous les temps.